Jean Rustin

Rustin | Salkind

Corps à Corps
20 juin - 28 juillet 2018

Cette exposition met face à face, « corps à corps », deux peintres qui à cinquante ans de distance ont le même intérêt pour la vérité du corps humain, sans chercher à l’embellir. Dans des gris colorés, sur des fonds neutres, apparaissent des hommes ou des femmes intemporels, nus, sans artifice, perdus dans leurs rêves ou leur folie. On peut y voir l’érotisme, ou l’obscénité, mais aussi la tendresse et le sacré. Parfois, chez Salkind, un objet contemporain évoque sobrement le monde actuel. Mais le sujet de ces deux séries de toiles reste le corps nu, réceptacle de nos joies et de nos peines, où se lisent nos souffrances et les années qui passent. Car comme le dit Jean Rustin, c’est bien dans le corps, dans la chair, que finalement s’écrit l’histoire des hommes et peut-être même l’histoire de l’art.

 


 

Né le 3 mars 1928 à Montigny-lès-Metz, en Moselle, Jean Rustin est un des rénovateurs de la figuration française à l’aube des années 1970. Longtemps censuré, considéré comme le peintre le plus redoutable de la seconde moitié du xxe siècle, il a imaginé une représentation misérabiliste de l’homme où triomphe autant l’humain que la peinture, déchargée de toute connotation culturelle, sociale et temporelle.

Il arrive à Paris en 1947 à l’âge de 19 ans et s’inscrit aux Beaux-Arts, suivant des cours dans l’atelier d’Untsteller. Il rencontre Elsa qu’il épouse en 1949. Ensemble, ils traversent des décennies d’histoires qui auront une influence certaine sur sa peinture.

Initialement abstrait, dans la veine de Cobra, Jean Rustin était reconnu et apprécié à Paris. Une importante rétrospective organisée par Pierre Gaudibert, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1971, marquera toutefois profondément et définitivement la carrière de l’artiste. Il sera en effet bouleversé par la vision de l’ensemble de ses œuvres qu’il jugera dès lors «trop belles», « trop facile ». Cette date marque un tournant décisif dans son travail. Il décide de se détacher de toutes les influences et seul, dans son atelier de Bagnolet, il entame une quête de cette figuration si singulière qu’on lui connaît.

Il réussit ainsi une vraie rupture. Il réinvente un vocabulaire pictural conjugué à toute une série d’observation et d’expériences humaines qui le mènent inexorablement vers son sujet : l’humanité mise à nue, présentée dans sa vérité, sans détours ni faux-fuyants. Sa représentation des hommes sera considérée comme une vanité contemporaine par les penseurs, critiques et écrivains.

Depuis les années 1973/74, Jean Rustin n’a jamais remis en cause son choix : la peinture figurative. Une exposition de ses œuvres a été  organisée par Evelyne Artaud à Créteil en 1982. Elle fut très controversée et en partie censurée pour motif de pornographie. En 1984, les éditions de l'Equinoxe publient une série d'entretiens menés par Michel Troche, accompagnés de textes de Bernard Noël et de Marc le Bot, qui pendant longtemps vont accompagner de leurs plumes l'oeuvre de Jean Rustin. En 1991, une importante monographie est publiée en Angleterre, rédigée par Edouard Lucie-Smith. En 1996, la revue Enfer numéro 2, éditée par Claude Roffat. Ces deux ouvrages marquent un tournant dans l’approche et la compréhension de l’œuvre de Jean Rustin. En 1994, une rétrospective de la figuration a lieu à Oberhausen ( Städtische Galerie und Ludwig Institut Schlosz Oberhausen).

Au tournant de l’an 2000, Maurice Verbaet et Corinne van Hövell réinventent la Fondation Rustin établie à Anvers (Belgique), vitrine permanente de l’œuvre de Jean Rustin ouverte au public. Elle propose une antenne parisienne pendant cinq ans (entre 2007 et 2012). Depuis, son œuvre est exposée dans de très nombreux musées ou lieux publics en France et à l’étranger. La Halle Saint Pierre à Paris, le consacre en 2001, puis l’Hôtel de Ville de Paris - dans le cadre d’une importante exposition sur le thème de la commune - en 2004. En 2005 le Musée Frissiras d’Athènes organise une rétrospective de l’oeuvre.

Jean Rustin est décédé le 24 décembre 2013, à l’âge de 85 ans.

 

Voir le film "La peinture de Rustin" de Isabelle Rèbre

 


Anxiété, 2002, acrylique sur toile, 97x130cm

Dans le couloir, 2002, acrylique sur toile, 97x130cm

Anxiété, 2002, acrylique sur toile, 97x130cm Dans le couloir, 2002, acrylique sur toile, 97x130cm

La chambre turquoise, 2000, acrylique sur toile, 130x97cm

Homme debout, 1996, acrylique sur toile, 92x73cm

La chambre turquoise, 2000, acrylique sur toile, 130x97cm Homme debout, 1996, acrylique sur toile, 92x73cm

Elsa, scène dans la cour, 1985, acrylique sur toile, 41x33cm

Le Matin, 2000, acrylique sur toile, 81x65cm

Elsa, scène dans la cour, 1985, acrylique sur toile, 41x33cm Le Matin, 2000, acrylique sur toile, 81x65cm

Homme dans le soir, 2005, acrylique sur toile, 45x37cm

Accroupie dans le couloir, 2000, acrylique sur toile, 60x81cm

Homme dans le soir, 2005, acrylique sur toile, 45x37cm Accroupie dans le couloir, 2000, acrylique sur toile, 60x81cm

Le repos, acrylique sur toile, 40x40cm

Étude près de la porte, 1998, acrylique sur toile, 54x73cm

Le repos, acrylique sur toile, 40x40cm Étude près de la porte, 1998, acrylique sur toile, 54x73cm

 

Le tabouret, 2003, acrylique sur toile, 92x73cm

Elle est toujours ainsi, 2003 - 2005, acrylique sur toile, 100x81cm

Le tabouret, 2003, acrylique sur toile, 92x73cm Elle est toujours ainsi, 2003 - 2005, acrylique sur toile, 100x81cm

Étude, 2004, acrylique sur toile, 35x35cm

La porte fermée, 1982, acrylique sur toile, 41x33cm

Étude, 2004, acrylique sur toile, 35x35cm

La porte fermée, 1982, acrylique sur toile, 41x33cm
Jean RUSTIN